Du «succès» sur le web (et ailleurs)
L’émission Une église conçue par des geeks pour des geeks s’annonçait passionnante. J’ai tenu moins de 2 minutes. La journaliste avait déjà posé 2 fois des questions de statistiques et de nombre de participant·e·s.
L’angle choisi est tellement bizarre que j’ai arrêté là. Peut-être que la suite est meilleure; je ne le saurai jamais. Une visite du site d’Open Source Church est bien plus satisfaisante.
Remarque sur l’émission complète que j’ai finalement écoutée
Entre la rédaction de cet article et sa mise en ligne, j’ai vu qu’Elio Jaillet avait partagé un lien commenté vers cette émission. Je l’ai donc écoutée malgré tout, parce que je connais la pertinence de ses analyses.
Ses interventions sont de qualité, sur les enjeux du numérique, la diversité en Église et l’ecclésiologie. Pas besoin d’être au même endroit au même moment pour faire communauté; sans surprise, ça me parle.
Je peux donc vous conseiller l’écoute de ce reportage malgré mes réserves initiales.
Mes critiques sur l’obsession-aveuglement statistique des journalistes restent valables.
Dans le monde ecclésial, à chaque fois que ça parle de web, de jeunes, de geeks, etc. la question statistique surgit. Une question que l’on n’entend jamais quand il s’agit de trucs «classiques», «normaux», «pour paroissien·ne·s», etc. Jamais!
Cela me rappelle une vieille histoire.
Ça vaut la peine?
Au sortir de la crise du Covid-19, le pasteur X m’a interpellé. Je reconstruis notre dialogue de mémoire.
— Nicolas, mettre nos prédications en ligne, ça vaut la peine?
— Pour moi, ça vaut toujours la peine de publier du contenu théologique, de le mettre à disposition des internautes du monde entier.
— Mais est-ce que c’est lu?
— Donc, «valoir la peine», c’est une question de nombre?
— On aimerait bien savoir combien de personnes les lisent.
— Pourquoi, vous avez déjà décidé à partir de combien de personnes ça vaut la peine? 5, 10, 100, 1000?
— On regardera les statistiques et on décidera.
— Je te les donnerai, mais je m’étonne de voir qu’aucune autre activité de la paroisse n’est jugée en fonction de son succès numérique.
J’ai donné les statistiques. Les prédications ne sont plus en ligne.
Probablement que la paroisse a tout analysé. Le succès de ses cultes, de ses études bibliques, de sa vente, de ses visites. Pour conclure que le web n’en vaut pas la peine. Soit.
1 million de visites par année
De là à en conclure que les paroisses aiment les statistiques (pour justifier leur retrait du web), il n’y a qu’un pas. À l’opposé des journalistes, alléché·e·s par les réactions sur les réseaux sociaux.
La vidéo Éloïse Deuker, pasteure nouvelle génération par David Gonzalez est intéressante:
On est venus parce qu’on vous a vue sur Instagram. […]
Ça représente combien de personnes? […]
Quand vous partagez l’Évangile à 3000 personnes […]
J’aime bien ce que fait @eloise_pasteure.
Et je suis content que ses publications trouvent un public.
Je vous les recommande.
Merci Éloïse!
Ce qui m’intrigue ici, c’est le réflexe pavlovien des journalistes… dans certains contextes seulement.
Cette année, les contes de Noël de Diane Friedli seront vus par plus de 10’000 internautes. Comme chaque année.
Même si elle n’en publie pas un nouveau, même si elle n’en dit rien sur les réseaux sociaux.
Simplement par référencement naturel.
Essayez une requête de type contes de noel.
Mais ça, les journalistes, même prétendument spécialistes du religieux, ne le voient pas.
Merci Diane!
Ce que je ne m’explique pas, c’est que le succès de Je cherche Dieu de Marc Pernot ne fasse pas saliver les journalistes. Elles et ils aiment les succès numériques. Un site qui fait plus de 1 million de visites par an ne semble pas leur parler. C’est probablement insuffisant, pourtant ce site est une megachurch du protestantisme réformé.
Je ne sais pas si la personne de Marc Pernot dérange. Si le succès de son site chiffonne.
Merci à l’EPG (Église protestante de Genève) de financer ce poste à temps partiel.
Merci Marc!
theologique.ch en vaut la peine
Je pense que ce site en vaut la peine. Quand je ne serai plus de cet avis, je le ferai disparaître. Comme les versions précédentes.
Je me fiche pas mal des statistiques. En écrivant Démontrer sa bonne foi hier, je souhaitais défroisser mes idées. C’est fait, ça en valait la peine.
La newsletter des liens du CIDOC (Centre pour l’information et la documentation chrétiennes) vient de relayer plusieurs de mes billets.
Le signe que certaines publications méritent d’être diffusées plus loin.
Le travail de curation de Robin Masur en vaut la peine.
Merci Robin!
Un webmaster m’a contacté à la suite de theologique.ch lance sa chaîne WhatsApp. Il était intéressé par la mise en page de la FAQ (foire aux questions) du bas de page. Nous avons échangé; je lui ai expliqué le fonctionnement du bazar. Si je peux inspirer de bonnes pratiques, je suis ravi. Il vaut la peine de se donner la peine de bien construire ses pages.
À la suite du même billet, partagé dans mes statuts WhatsApp, ma fille est venue vers moi:
Papa, j’ai regardé ton site theologique.ch. J’adore. Il est super beau.
Là, vraiment, ça vaut la peine.
Merci Clémence!