Je suis théologien, mais pas pasteur
Il y a quelques semaines, j’ai trouvé sur le répondeur de ma ligne fixe un message à un prétendu «pasteur Nicolas». Je ne lui ai pas donné suite vu que je ne suis pas pasteur et que j’ai toujours été clair à ce sujet. En d’autres termes, je n’ai jamais «joué au pasteur» et ma page de contact est sans équivoque.
Ce message me donne l’occasion d’en dire un peu plus sur le parcours pour devenir pasteur·e dans une Église réformée de Suisse romande.
Formation théologique universitaire
J’ai une formation complète en théologie protestante (niveau master). Je suis théologien. Mon titre sanctionne des connaissances et compétences théologiques similaires à celles des pasteur·e·s.
Mais je n’ai jamais souhaité devenir pasteur. Je n’ai pas étudié la théologie dans cette optique. Je n’ai jamais ressenti de vocation. On ne m’a jamais suggéré le ministère pastoral.
Pourtant, j’entends souvent des phrases comme:
Comme tu es théologien, tu aurais pu «faire pasteur»!
Avec ma formation universitaire, je dispose du prérequis pour la suite d’un parcours de formation. Mais elle est loin de me donner accès au pastorat.
Celles et ceux qui se destinent à cette fonction, toujours dans les Églises réformées de Suisse romande, devront poursuivre leur parcours.
Formation professionnelle ecclésiale
Après la formation théologique initiale, plusieurs étapes se succèdent:
- l’admission sur dossier à un stage pastoral
- un stage d’une année, avec des sessions de formation professionnelle, qui vise à donner des «compétences métier»
- la validation finale du stage
- plusieurs sessions de formation durant les premières années d’exercice, puis durant toute sa carrière
Le parcours professionnel est décrit en détail sur le site de Réf-Formation, nouveau nom de l’Office protestant de la formation (OPF).
Processus des Églises réformées de Suisse romande
Une fois le stage validé, le processus se poursuit au sein des différentes Églises. Après une année de suffragance (sorte de «période de test»), les futur·e·s pasteur·e·s peuvent demander leur consécration. Il existe des nuances entres cantons, bien décrites par Elio Jaillet dans Voies de formation au ministère en Suisse Romande.
À Neuchâtel, les candidat·e·s passent devant une commission qui donne un préavis. Puis le synode à majorité laïque les admet (ou non) à la consécration pastorale. Une cérémonie de consécration publique a lieu.
Les pasteur·e·s consacré·e·s peuvent ensuite postuler à un poste paroissial (avec une élection par une assemblée) ou cantonal (souvent sans élection).
Remarques finales
L’école évangélique HET-PRO insiste sur l’aspect professionnalisant de sa formation. Pourtant, la formation des pasteur·e·s par Réf-Formation est elle aussi professionnelle, aspect souvent «oublié».
Je suis toujours étonné de voir des formules et signatures comme «pasteur et théologien» ou «théologienne et pasteure». En effet, un·e pasteur· est toujours théologien·ne. Alors que le réciproque est fausse.
Sur la page de contact de ce site, j’ai proposé 2 passages spécifiques pour celles et ceux qui recherchent un soutien pastoral. J’avais imaginé ces paragraphes à titre d’exemples pour être précis sur tout site qui traite de sujet religieux, spirituels, théologiques ou ecclésiaux. J’en dis un peu plus sur nicolasfriedli.ch, dans Enseignements de Google EEAT.