RSS Club théologique & QR Club ecclésial

Il reste plein de choses à inventer dans le domaine de l’Église et dans celui de la théologie. J’ai toujours souhaité apporter mes réflexions dans le domaine, sans être le producteur du contenu. C’était mon rôle, je crois. Ça le reste.

Une belle concomittance de lectures me pousse à publier ce billet du jour.

D’une part, Robin Masur, dans Liens repérés durant la semaine du 27 avril, signale que:

[…] deux blogs protestants se mettent quasi-simultanément volontairement en jachère: Rupture [ce blog par Nicolas Friedli] et Fin du blog! [le blog de Jérôme Grandet], ce qui pose évidemment la question de la dynamique des réseaux réformés francophones, et plus largement chrétiens.

D’autre part, je découvre ce jour sourcefeed qui propose d’envoyer le contenu uniquement dans des flux RSS. Pas de site web, pas de lettre de nouvelles (newsletter).

RSS Club théologique

J’avais déjà un brouillon en route sur cette idée que j’aime beaucoup. L’occasion de l’étoffer et de le publier. C’est pourquoi je continue de bloguer.

C’est Dave Rupert qui a lancer l’idée dans Welcome to RSS Club. Le club est à la fois:

  • ouvert, parce que flux RSS est accessible à tous les internautes, de manière gratuite et anonyme
  • fermé, parce que ce qui apparaît dans le club reste dans le club.

Il existe plein de mises en pratique de cette proposition. Par exemple chez Terence Eden qui ne propose ce billet uniquement dans son flux.

L’idée, c’est de valoriser les flux RSS et Atom et de dévaloriser les réseaux sociaux. C’était pertinent en 2018, ça l’est plus encore aujourd’hui.

Un truc un peu geek et un peu exclusif attise ma curiosité. Contraiement aux flyers multicolores en Comic Sans.

Le site Carnet de notes propose quelque chose de similaire avec un site sans contenus immédiatement visibles.

QR Club ecclésial

Avec des codes QR, on pourrait imaginer quelque chose de proche. La matérialité du code fait qu’il faut se rendre à un endroit précise pour le scanner. Par exemple dans une église, dans un endroit précis d’un bâtiment, dans un rayonnage particulier de bibliothèque.

L’information est disponible uniquement à celles et ceux qui se trouvent en cet endroit. C’est utile pour donner une information très contextuelle comme un détail architectural. Mais c’est aussi possible pour transmettre un petit bonus (par exemple un lien vers le livre du mois).

S’il vous prend l’idée de réaliser ce genre de chose, j’ai publié Conseils d’utilisation des QR codes.

Ensuite, mon cerveau part dans tous les sens. J’imagine instantanément une balade dans laquelle le code scanné donne les coordonnées du suivant. Ou un système dans lequel scanner plusieurs codes est nécessaire pour passer à la suite.

Ce peut être informationnel ou ludique. Tout est possible.

Mais je ne peux que proposer des idées. Je n’ai ni le temps, ni surtout la légitimité, pour aller coller des codes un peu partout. Si personne n’embraie sur ce genre d’idée, elle restera une idée.

En passant, je signale que le même genre de chose pourrait être fait avec des puces NFC.

Quid du géocaching

Comme je parle de lieux, je ne peux m’empêcher de signaler le géocaching. Je vois chaque semaine des personnes qui cherchent des caches au bord du lac, qui découvrent des lieux insolites, qui s’amusent en apprenant.

Le géocaching a un potentiel immense pour faire découvrir du partimoine culturel et ecclésial. Les notices qui accompagnent les caches sont souvent intéressantes et bien fournis.

Mais je n’ai pas connaissance de caches maintenues par des communautés qui gèrent ces lieux. Hélas.

Hantise de l’exclusion

Dès que j’envoie en ligne des propositions un peu loufoques, j’entends des voix qui s’élèvent contre l’exclusion.

Des flux RSS? Et comment font celles et ceux qui ne les utilisent pas?

Remarque déjà entendue, il y bientôt 20 ans, aux Assises du web protestant… Elle est toujours actuelle, l’immobilisme est une valeur sûre. La première personne qui bouge a perdu.

Des QR codes? Mais comment fait Madame Michu qui n’a pas de téléphone?

C’est épuisant, parce que celles et ceux qui défendent ces refus ont peu de scrupules à utiliser des messageries, des réseaux sociaux et des applications lourdes qui demandent installation et acceptation d’une licence.

Madame Michu, qui regarde les photos de ses petits enfants sur WhatsApp, n’a pas de téléphone, évidemment.

Monsieur Michu, conseiller paroissial, n’a aucun problème à fixer des rencontres l’après-midi, quand toutes les personnes non retraitées travaillent. Mais ça, ce n’est pas de l’exclusion.

Je ne parle pas des sites défaillants du point de vue de l’accessibilité (A11Y), avec couleurs inadaptées aux personnes déficientes visuelles, navigation impossible à celles et ceux qui ont des troubles musculo-squelettiques et autres obstacles sonores sans rentranscrition textuelle. Là non plus, ce n’est pas de l’exclusion.

Sans parler, évidemment, du langage cryptique des Églises, souvent plus complexe que les énigmes de géocaching. Le patois de Canaan – les doctes le savent – est un espéranto qui a réussi.

Contrairement à Robin Masur, dans la citation du début de billet, je pense qu’il n’y a aucun inquiétude pour le protestantisme en ligne. Il s’autorégule avec efficacité. Celles et ceux qui ont des idées hétérodoxes (mais pas hérétiques), se lassent avant les thuriféraires du «on a toujours fait comme ça». Ouf!