Découverte du web protestant francophone
À la fin de 2025, le Réseau protestant (réformé de Suisse romande) a annoncé qu’il se mettait en veille. Quand une initiative s’arrête, on peut toujours le regretter. Ou on peut se réjouir des fruits qu’elle a portés. Verre à moité plein ou verre à moitié vide?
Forces et faiblesses du Réseau protestant
C’était une belle initiative, portée notamment par Marc Pernot et Elio Jaillet. Il faut les remercier d’avoir fait vivre ce réseau durant quelques années. Mais ce qui se passe n’est pas étonnant, tant les vents peuvent être contraires.
La culture du web et des liens n’est pas assez ancrée dans le monde protestant réformé de Suisse romande. J’ai soutenu cette initiative et j’ai donné quelques coups de main, tout en rappelant que ce projet n’aurait pas dû voir le jour. Cette posture peut sembler paradoxale, mais elle est cohérente.
Dans un monde parfait, tout le monde devrait faire des liens directement dans ses publications. Des renvois contextuels à des contenus précis. Parce que, comme le rappelle judicieusement Joan Westenberg dans The Case for Blogging in the Ruins:
When you write a blog post, you’re creating a standalone document with a permanent URL. It exists at a specific address on the web, and that address doesn’t change based on who’s looking at it, when they’re looking at it, or what algorithm has decided they should see next. The post is there, stable, waiting for whoever wants to find it.
Ce sont ces liens particuliers qui donnent leur valeur aux choses. Ils utilisent des permaliens (URL pérennes) qui conservent ou gagnent de la visibilité avec le temps. C’est là que se trouve la magie du web: dans la possibilité de renvoyer à des endroits spécifiques. Cela apporte quelque chose à son propre propos et enrichit la navigation des internautes.
Les liens vers des pages d’accueil ne sont pas sans valeur. Mais ils sont infiniment moins importants que des liens publiés dans le corps du texte, vers des pages précises et choisies avec soin. C’est le principe d’immersion dont parle Tom Johnson dans la conférence Building navigation for your doc site: 5 best practices qui a fait date.
Je rappelle avec reconnaissance que le réseau a été actif. Je me réjouis de voir que de nombreuses personnes et institutions ont partagé des liens protestants réformés sur leur propre site. Elles ont contribué à rendre plus visibles des présences en ligne. C’est précieux.
Commencer sa navigation dans le monde réformé francophone
Aujourd’hui, je propose une sélection de liens pour partir à la découverte. Je ne vous demande pas de reprendre cette liste pour la publier chez vous. Mais de créer votre propre sélection (éventuellement commentée), si la démarche vous semble pertinente. Et de l’entretenir dans la durée. La voici:
- Je cherche Dieu par Marc Pernot (dont le blog personnel est cité en haut de page) qui répond aux questions bien réelles des internautes
- Diane Friedli, qui propose des prédications et des réflexions sur la catéchèse
- Laure Devaux Allisson, qui a inventé les géniales méditations domestiques
- Esprit de liberté par James Woody dont les cultes sont disponibles en texte, audio et vidéo
- Réformés.ch, portail d’actualité qui héberge aussi le journal Réformés
- Regards protestants, qui compile de nombreuses sources protestantes francophones (pas uniquement réformées)
- Blog de l’EERS (Église évangélique réformée de Suisse), qui propose des podcasts, des recensions et des réflexions de fond, sur lequel s’exprime notamment Elio Jaillet (dont le blog personnel est cité en haut de page)
- Musée protestant pour «visiter» l’histoire protestante de la Réforme à nos jours
Sur ces sites, vous trouverez des contenus précieux. Ils sont enrichis régulièrement. Beaucoup proposent des liens qui permettent de continuer sa navigation et sa découverte. Vous pourrez aller plus loin sur le même site ou le quitter pour arpenter d’autres horizons.
Tous contribuent à la «magie du web», envers et contre tout. Un monde merveilleux fait de liens sélectionnés, à l’écart des algorithmes, sans recherche du like, et plus riche que les résumés des intelligences artificielles (IA).