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Foire aux questions théologique

Évangile avec ou sans majuscule

Faut-il parler d’évangile ou d’Évangile, avec ou sans majuscule? Ou l’art de différencier un genre littéraire (évangile) de la proclamation d’une foi (Évangile). Ce billet est le premier de la série que je compte écrire comme Foire aux questions théologique.

Selon l’exégète Jean Zumstein dans l’Encyclopédie du protestantisme, l’Évangile est la proclamation de la mort et de la résurrection du Christ comme événement du salut. Il reprend ainsi la confession de foi de Paul:

Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures; et qu’il est apparu à Céphas, puis aux douze.

1 Corinthiens 15, 3-5

D’un point de vue étymologique, «évangile» (avec majuscule comme avec minuscule) signifie «bonne nouvelle».

L’évangile comme genre littéraire

Un évangile, avec minuscule, est un genre littéraire. Autrement dit, c’est un type de récit; il raconte la vie et la mort de Jésus de Nazareth.

Plus précisément, les évangélistes ont choisi le mode narratif pour dire et expliciter leur foi. Les évangiles (sans majuscule) sont au nombre de 4 dans le Nouveau Testament (Matthieu, Marc, Luc et Jean). Ce sont les évangiles canoniques.

Trois évangiles sont appelés «synoptiques», parce qu’ils se ressemblent beaucoup et peuvent être présentés en parallèle. Ce sont les évangiles selon Matthieu, Marc et Luc.

L’évangile selon Jean, très différent dans sa structure, ne fait donc pas partie des évangiles synoptiques. Son style plus poétique et il est le seul à relater certaines histoires, ce qui en fait un récit singulier.

Évangiles avec ou sans majuscule cachés dans des vieux livres
Les évangiles, sans majuscule, se cachent-ils parmi ces livres?

L’Évangile comme annonce de la Bonne Nouvelle

Évangile prend une majuscule lorsqu’il s’agit de parler d’un témoignage au sens large plutôt que d’un type de récit ou genre littéraire.

Ainsi, tout le Nouveau Testament est Évangile. Alors que cet ouvrage, en plus de 4 évangiles canoniques, comporte d’autres récits, dont des lettres de Paul, aussi appelées épîtres.

Traditionnellement, les pasteur·e·s sont appelés Ministres du saint Évangile (avec majuscule), dans le sens qu’ils proclament le message chrétien dont les évangiles (avec minuscule), parmi d’autres textes, se font l’écho.

Évangile avec ou sans majuscule dans d’autres contextes

L’expression parole d’évangile ou mot d’évangile peut s’écrire avec ou sans majuscule de mon point de vue. Il existe alors une (fine) distinction entre les 2 propositions:

  • ce n’est pas parole d’évangile(s) (avec minuscule) signifie que l’affirmation n’est pas présente dans un des 4 évangiles du Nouveau Testament
  • alors que ce n’est pas parole d’Évangile (avec majuscule) insiste plutôt sur le fait que l’idée n’est pas vraiment chrétienne

La seconde paraît préférable, en sachant que l’expression signifie avant tout que ce n’est pas une vérité absolue. Mais dans les deux cas, il faut qu’évangile ou Évangile soit considéré comme une vérité indiscutable pour que l’expression fonctionne.

On trouve d’autres utilisations du terme, sans nuance claire dans l’utilisation ou non de la majuscule, lorsque l’on attribue une doctrine à une personne.

Désormais, vous pouvez vous lancer dans la lecture de L’Évangile selon Pilate d’Éric-Emmanuel Schmitt en toute confiance.

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