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Foire aux questions théologique

Évangélique ou évangéliste

Faut-il dire «évangélique» ou «évangéliste»? Le premier est prioritairement un adjectif qui se rapporte à l’évangile alors que le second est un nom qui désigne l’auteur d’un évangile. Facile, non?

Pourtant, la distinction les termes évangélique et évangélistes n’est pas toujours rigoureuse, même dans des médias sérieux. En conséquence, impossible d’imaginer une Foire aux questions théologique qui ferait l’impasse sur cette question fréquemment posée.

Ce billet complète l’excellent l’article de Philippe Golaz sur le sujet. Une lecture vivement conseillée avant ou après la lecture de cet article.

Rapport à l’Évangile

Évangélique est toujours l’adjectif qui se rapporte à l’Évangile. Dans cet esprit, peu importe qu’il porte sur une pensée, une doctrine, une institution, un genre littéraire.

Autrement dit, l’adjectif est toujours une «référence à». La volonté de signifier une reconnaissance, de fonder des propos ou de s’affilier à une histoire de femmes et d’hommes.

Pour en savoir davantage sur les différentes graphies du mot «évangile», je vous conseille la lecture de mon article Évangile avec ou sans majuscule.

Auteur d’un évangile

L’évangéliste est l’auteur d’un évangile. En particulier des l’auteur d’un des quatre évangiles retenus dans le Nouveau Testament ou évangiles canoniques. C’est la principale utilisation du substantif, à défaut d’être complètement exclusive.

Jean: évangélique ou évangéliste
L’évangéliste Jean, auteur de l’évangile du même nom, est représenté par l’aigle.

Selon l’allégorie du tétramorphe, les quatre auteurs prennent l’apparence de différentes figures:

  • Matthieu a un homme pour emblème
  • Marc est symbolisé par un lion
  • Luc a pour représentation un taureau
  • Jean est l’aigle

Églises et communautés évangéliques

Les Églises ou communautés évangéliques font souvent partie d’un réseau suisse (RES). Issues des Églises libres, elles sont séparées de l’État et insistent en particulier sur la piété personnelle. Elles adhèrent à une confession de foi proche de celle de l’alliance européenne.

Le courant protestant qui regroupe ces différentes Églises et communautés est aussi appelé:

  • évangélisme. Construit sur l’adjectif et le suffixe -isme qui désigne un courant de pensée ou une doctrine.
  • évangélicalisme. Anglicisme issu d’evangelical, un mouvement anglo-saxo qui diverge du protestantisme institutionnel, insiste sur la foi personnelle et prône la conversion (born again). Avec l’ajout du suffixe -isme.

Dénominations d’Églises réformées

Les Églises protestantes réformées de Suisse romande utilisent souvent évangélique dans leur dénomination officielle. Dans ce cas, l’adjectif rappelle l’importance attribuée à l’Écriture dans le protestantisme.

Comme le signale justement le pasteur genevois Philippe Golaz dans l’article déjà cité:

Les Églises réformées sont appelées en allemand «Evanglische Kirche», ce qui peut mener à des erreurs de compréhension ou de traduction quand il s’agit de franchir la Sarine. Ce qu’ils appellent «Evangelische Kirche», nous l’appelons «Église réformée».

Philippe Golaz

Difficile de dire s’il s’agit uniquement d’un germanisme ou d’un choix parfaitement conscient. La vérité est probablement quelque part entre les deux.

L’Église réformée genevoise se nomme Église protestante de Genève (EPG). D’autre part, les Églises réformées Berne-Jura-Soleure ne se nomment pas en référence à l’Évangile. Enfin, concernant les autres institutions de la Conférence des Églises réformées de Suisse romande (CER) — elle non plus sans référence à l’Évangile —, c’est un peu «thème et variations»:

  • réformée évangélique (Neuchâtel, Valais)
  • évangélique réformée (Fribourg, Vaud, Suisse)

Défendre une cause ou évangéliser

Par extension, l’évangéliste est aussi la personne qui défend une cause, qui fait acte d’évangélisation. À la manière des quatre auteurs d’évangile qui ont fait connaître le christianisme naissant.

Ainsi, il n’est pas inadéquat de parler d’évangéliste aujourd’hui, si les personnes qualifiées agissent activement à le promotion d’une cause.

Les anglo-saxons ne s’y sont pas trompés en parlant de technology evangelist pour une personne en charge de la promotion d’une technologie. Par suite, les francophones rejoignent le mouvement: une page Wikipédia existe, insistant sur le «fanatisme quasi religieux» de certains. Au risque de créer un nouvelle confusion.

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