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Comment cela va se passer

Un nouveau blog personnel vient d’être mis en ligne. Ce moment n’est pas un aboutissement mais un point de départ, qu’importe le travail de préparation et de réalisation, c’est maintenant que les choses sérieuses commencent.

Joies et déceptions initiales

L’adresse du blog est partagée sur les réseaux sociaux, par bouche à oreille, par messagerie instantanée. Les réactions arrivent très rapidement, souvent positives. On ne lance pas un blog pour flatter son ego, mais les retours amicaux sont toujours plaisants:

Tu te lances, bravo! Je me réjouis de te lire.

Avec les réactions, leur absence, aussi. X ou Y n’a pas vu le lien ou n’a pas réagi. Qu’en pense-t-elle? Qu’en pense-t-il? On ne lance pas un blog pour flatter son ego, mais il est logique d’interpréter les silences.

Ces premiers jours ou premières semaines est compliquée. Il est difficile d’être sûr·e de soi quand on a lancé un site sur un coup de tête, un peu rapidement. Il est décevant de ne pas recevoir plus en retour – il y a tant de retours d’expérience élogieux – alors que l’investissement a été coûteux (en temps et en énergie).

Et maintenant, il faudra publier un deuxième billet. Puis un troisième, puis…

Premier succès

Ça ne prévient pas quand ça arrive. Une fois, un billet sera lu des centaines de fois, partagé sur les réseaux sociaux, les commentaires afflueront, on en parlera dans la vie dite réelle.

C’est un grand moment. Des personnes inconnues se mettent à parler d’un billet publié quelque part aux confins du web. En plus, ça les a touchées, ça leur a été utile, ça les a aidées dans leur pratique, leur travail ou leur vie familiale.

C’est grisant. Il faut garder la tête froide. Le prochain billet sera lu par 10 fois moins de personnes. Il n’y aura pas de commentaires, peu de retours. Il sera difficile à écrire, de peur de faire moins bien.

Le plus étonnant, c’est que ce premier succès n’était pas prévisible. L’article qui a eu son succès est celui qui a été publié à la hâte, sans grande prétention. Il paraissait si banal. Tu ne sais ni le jour ni l’heure.

Coup de mou

Pourquoi avoir lancé un blog? Pourquoi se mettre dans cette galère? Article après article, un peu moins d’internautes arrivent sur le site. La surprise du début ne fait plus son effet.

Les amies et amis qui avaient aimé l’idée de lancer un blog, au font, ne s’intéressent pas à ce qui y est publié. C’est l’idée de sauter sans parachute qui leur a plu, pas le contenu.

Les collègues ne comprennent pas. Pourquoi perdre du temps à soigner son ego alors qu’il y aurait plein de choses sérieuses à faire comme des séances?

Tu dois vraiment avoir un problème avec ton image pour te répandre ainsi.

Les collègues, même leurs remarques blessantes, ça passe. Mais presque plus de J’aime sur Facebook, c’est dur. Ça fonctionne moins bien que des statuts de 3 lignes avec chatons sur l’image.

La comparaison avec d’autres blogs incite à une retenue extrême. Si un autre blog a déjà formulé, est-il légitime de le redire (autrement, mieux ou moins bien). Les billets restent alors à l’état de brouillon.

Construction dans la durée

L’aventure d’un blog se joue dans la durée. 20 billets en ligne, bientôt 30. Et les statistiques étonnent. La méditation publiée il y a 3 mois a été vue plusieurs fois par jour cette semaine. Et le lien publié par un autre blog apporte 5 visites aujourd’hui.

L’euphorie et les déceptions sont derrière. La machine est lancée. Succès ou pas, qu’importe. Chaque jour, quelques personnes souvent inconnues – on sait qu’elles sont inconnues quand une, soudain, nous contacte – lisent, écoutent, visionnent.

Le blog est hors de contrôle, dans le meilleur sens du terme. Il est vu et lu par celles et ceux qui en ont besoin dans leur vie, leur travail, leur réflexion du moment. Les contenus sont trouvés par des liens et des moteurs de recherche. Ils sont consultés gratuitement, sans engagement, sans condition.

Vous participez à un web libre et indépendant. Merci, infiniment!


Rien de se passera comme ci-dessus. Mais tout y ressemblera terriblement. Je ne suis pas devin, j’ai simplement un peu d’expérience des blogs. Pour reprendre Boris Vian:

Cette histoire est vraie puisque je l’ai inventée.